Les pouvoirs du maire en matière de limitation ou de suspension des usages de l'eau

Publié le 24/11/2017

Les mesures de limitation ou de suspension des usages de l'eau, notamment dans les cas de sécheresse ou de risque de pénurie, se fondent sur une disposition du Code de l'environnement (article  L. 211-3, II, 1° et R. 211-66 à R. 211-70). Ainsi, les préfets de département peuvent, par arrêté prescrit pour une durée limitée et pour un périmètre déterminé, prendre des mesures restreignant les usages de l'eau. Ces arrêtés visent notamment à assurer l'exercice des usages prioritaires, plus particulièrement la santé, la sécurité civile, l'approvisionnement en eau potable et la préservation des écosystèmes aquatiques. Les mesures de restriction imposées sont progressives et varient en fonction de seuils définis au niveau local par les préfets. En matière agricole, des plages horaires autorisant les agriculteurs à prélever de l'eau peuvent être définies par arrêté préfectoral.

Si les maires, en tant que responsables de l'ordre public sur le territoire de leur commune, ont également la possibilité de prendre les mesures de police générale nécessaires au bon ordre, à la sûreté, à la sécurité et à la salubrité publiques, seul un cas de péril imminent les autoriserait à s'immiscer dans l'exercice du pouvoir de police spéciale confié aux préfets de département (C.E., 2 décembre 2009, n° 309684, Commune de Rachecourt-sur-Marne).

Dès lors, en l'absence d'arrêté préfectoral pris en application des dispositions de l'article L. 211-5 du Code de l'environnement ou de péril imminent, il n'est pas possible, pour une commune, de refuser unilatéralement la desserte en eau d'une exploitation agricole pour des motifs d'insuffisance de la ressource en eau.

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