Les absences répétées aux séances du conseil municipal

Publié le 10/07/2014

Un conseiller municipal peut-il être déclaré démissionnaire d'office en raison de ses absences répétées aux séances du conseil municipal ? 
 

LE CONSEIL DU JURISTE

 
L'alinéa 1 de article L. 2121-5 du Code général des collectivités territoriales dispose que « Tout membre d'un conseil municipal qui, sans excuse valable, a refusé de remplir une des fonctions qui lui sont dévolues par les lois, est déclaré démissionnaire par le tribunal administratif ».
Il n'existe pas de liste ou autre document répertoriant les fonctions dévolues par les lois aux conseillers municipaux. La jurisprudence ne sanctionne le refus que dans les seuls cas où il concerne une obligation imposée par un texte législatif ou réglementaire aux conseillers telle que le fait d'assurer la présidence d'un bureau de vote par exemple.
Or, la participation des conseillers municipaux aux séances du conseil n'est prescrite par aucun texte. Selon une jurisprudence constante, l'article L. 2121-5 du Code général des collectivités territoriales n'est donc pas applicable au cas d'absences répétées d'un conseiller municipal aux séances de l'organe délibérant, même si un avertissement a été adressé au conseiller. 
Pour éviter des dysfonctionnements de l'organe délibérant, il faut préciser que l'élu a la faculté de donner pouvoir écrit de voter en son nom à un collègue de son choix. Par ailleurs, même si cette situation est permanente, par exemple en raison du déménagement de l'élu, il est toujours possible de négocier une démission, mais qui restera à la libre appréciation du conseiller concerné.
En complément de la jurisprudence susvisée, il est important de signaler un arrêt récent du Conseil d'Etat en date du 26 novembre 2012 qui juge que « la fonction d'assesseur de bureau de vote qui peut être confiée par le maire à des membres du conseil municipal compte parmi les fonctions qui leur sont dévolues par les lois ». Cette qualification acquise, le Conseil d'Etat a appliqué les dispositions de l'article L. 2121-5 du Code général des collectivités territoriales. Les faits concernaient une conseillère municipale qui avait été désignée assesseur d'un bureau de vote par le maire de la commune, dans le cadre des élections régionales des 14 et 21 mars 2010. Cependant, elle ne s'était présentée ni au premier, ni au second tour de scrutin. Face à cette situation, le maire avait donc saisi la justice administrative d'une demande de démission d'office de l'élue en cause. 
Avec cette décision, le Conseil d'Etat semble mettre fin à l'ambiguïté jurisprudentielle qui entourait la question. En effet, si le refus d'exercer les fonctions de président de bureau de vote ouvre clairement la voie à la démission d'office des élus réfractaires, la jurisprudence retenait une position plus équivoque concernant les missions d'assesseurs.